Cette histoire m'a été racontée par un formateur, il y a quelques années.
C'est l'histoire de Gus qui rentre chez lui, tard, le soir. Il pleut des cordes. Il sort de sa voiture pour courir vers la porte d'entrée quand il est stoppé net : un grand trou est creusé entre le portail du jardin et la porte d'entrée. Dans le trou, une cuve remplie de fuel, sans couvercle. Oh, bien sûr, il y a une planche en chêne au dessus pour traverser et atteindre la porte. Gus se demande ce qui a bien pu prendre aux ouvriers de laisser le chantier dans cet état ! La cuve à ciel ouvert, avec l'eau de pluie qui entre comme elle veut ! En plus, laisser une planche en bois au dessus, c'est n'importe quoi ! Au minimum, on met une grosse tôle bien épaisse et bien solide, qui recouvre la majeure partie du trou, pour limiter les chutes ! En plus, du bois par ce temps-là, avec les averses qu'il y a depuis une semaine, c'est sûr que ça va glisser. C'est vrai qu'il pleut depuis une semaine, se rappelle soudainement Gus. La dame de la météo avait bien dit que ça allait se calmer aujourd'hui, mais comme d'habitude, les gens à Météo France racontent des histoires. Ils sont incapables d'avoir des prévisions fiables.
Gus retourne à sa voiture pour trouver la lampe torche qui traîne dans la boite à gant. Il l'allume, et évidemment, elle ne fonctionne pas, les piles sont mortes. ET là, Gus se rappelle qu'il avait déjà demandé à son fils de racheter des piles, ce qu'il avait bien entendu oublié de faire. Faut dire aussi que les fabricants de piles exagèrent sur l'autonomie de leurs produits. Ils prennent vraiment les consommateurs pour des pigeons !
Bon, se dit Gus, je commence à être vraiment trempé sous cette pluie battante, il faut que je rentre chez moi. Dans l'obscurité de la nuit, il commence à avancer sur la planche en bois. Doucement, il progresse, atteint la moitié de la planche. Un bruit au loin le déconcentre, son pied glisse, et Gus se retrouve dans la cuve de fuel ! Il réussit à sortir de la cuve, du côté de la porte d'entrée, et entre en gromellant chez lui.
Sauf que... il aura beau en vouloir aux ouvriers de chantiers, à la météo, à son fils, aux fabricants de piles ou à la Terre entière, il y a une chose qui ne changera pas : Gus pue le fuel ! N'importe comment, il pue le fuel, point barre.
Moralité : pas la peine de chercher des excuses partout, de chercher à se justifier. Ce qui compte, c'est d'être responsable de ce que l'on est, de ce que l'on fait et /ou de ce que l'on représente. Un client qui appelle mécontent une hotline parce que le service auquel il a souscrit ne fonctionne pas se moquera éperdument de savoir que sa demande a bien été prise en compte, ou que c'est la faute de tel ou tel si son dossier n'avance pas. Pour lui, la personne au bout de la hotline est responsable car elle représente son entreprise, même si objectivement, cette personne ne peut vraisemblablement pas faire grand-chose.
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